http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3226--298185-,00.html
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• LE MONDE | 14.11.02 | 13h59
• MIS A JOUR LE 14.11.02 | 15h06
Un rapport d'expertise met en cause la vaccination massive contre
l'hépatite B
Le lien avec l'apparition de la sclérose en plaques n'a cependant pas été
établi.
Rebondissement dans le dossier des riques associés au vaccin contre
l'hépatite B : le pharmacologiste Marc Girard, dans un rapport d'expertise
remis récemment à la juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy,
reproche aux pouvoirs publics d'avoir lancé une campagne de vaccination
massive contre l'hépatite B, sans s'être donné, au préalable, les moyens
de surveiller l'apparition d'éventuels effets secondaires (scléroses en
plaque notamment).
Marc Girard ne mâche pas ses mots. Il relève de graves dysfonctionnements dans le suivi du dossier par le ministère de la santé et juge les pouvoirs publics coupables de "dissimulations" et de "déformations". Son rapport, lourd de plus de 400 pages, a été rédigé à l'aide de documents saisis lors de perquisitions, notamment à l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (procès-verbaux de réunions, notes, échanges de courriers entre hauts-fonctionnaires). Cette expertise, commandée dans le cadre d'une enquête ouverte après le dépôt de huit plaintes par des familles, ne prétend toutefois pas démontrer de lien de cause à effet entre la vaccination et l'émergence de maladies. MESSAGES "RASSURANTS" L'expert Marc Girard souligne que la première enquête nationale de pharmacovigilance (de surveillance des effets secondaires) n'avait été décidée qu'en mai 1994, alors que Philippe Douste-Blazy était ministre de la santé, au moment où la campagne de vaccination de masse contre l'hépatite B était sur le point d'être lancée. Il estime que les pouvoirs publics diffusaient à cette époque des messages "rassurants", alors que, "de l'aveu même des autorités", les complications relevées produisaient "l'une des plus grandes séries d'effets indésirables recueillis par la pharmacovigilance depuis sa naissance en 1974". L'expert a également relevé de graves insuffisances dans le système de surveillance mis en place. Ce rapport risque d'être largement contesté. L'auteur, expert auprès la cour d'appel de Versailles, a déjà fait l'objet de plusieurs récusations devant des juridictions civiles dans des dossiers liés à la vaccination contre l'hépatite B. Par ailleurs, aucune étude scientifique n'a encore établi de lien certain entre les vaccins et la survenue de maladies telles que la sclérose en plaque. Toutefois, des inquiétudes étaient apparues dès 1995. Et en octobre 1998, le secrétaire d'Etat à la Santé, Bernard Kouchner, avait décidé de suspendre les campagnes de vaccination menées jusque-là dans les collèges. – (AFP.)
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 15.11.02
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